La pluie a commencé vers six heures, d’un seul coup, comme souvent en janvier. Depuis le parking au bout de la rue, on voit Fisherman’s Village se recroqueviller sous les toits débordants des vieilles maisons en bois. Les lampions rouges des façades se reflètent dans l’asphalte lavé, et les rares touristes présents ce soir-là se réfugient sous les auvents en discutant à voix basse.
Une rue, deux trottoirs, et la mer tout près
Fisherman’s Village se parcourt en un quart d’heure si l’on ne s’arrête nulle part. On ne s’arrête nulle part, en pratique, parce que chaque devanture tient à raconter quelque chose : des tissus teints à la main, un atelier de lunettes en bambou, un barbier thaï qui regarde un match à la télévision. L’éclairage chaud décale les couleurs et donne à la rue un air de carte postale ancienne.
Le vieux port se devine au bout d’une ruelle latérale. Les barques de pêche dorment en ligne, la proue tournée vers la baie. Les filets sèchent sur des perches de bois, et les chats du quartier s’y installent pour la nuit. Les jours de mousson, l’odeur du bois mouillé se mêle à celle du riz frit qui sort des cuisines.
Quelques gestes pour une soirée simple
Le jour où la pluie s’installe, mieux vaut prévoir un plan simple :
- un repas léger dans une des petites échoppes au sud de la rue, loin des menus trilingues ;
- un thé glacé au lait de coco, à siroter sur un banc, sous un toit de palme ;
- une passe de trente minutes dans une boutique de tissus pour voir ce qui entre dans la saison.
La fréquentation change beaucoup d’un soir à l’autre. Le vendredi, le marché de nuit bat son plein sur la partie est, et l’on croise autant de familles thaïes que d’étrangers. Les soirs calmes, on se retrouve quasiment seul entre deux lumières, ce qui vaut le déplacement à soi seul.
Ce qu’il faut savoir avant d’y aller
Fisherman’s Village reste accessible toute l’année, mais la mousson change la texture du lieu. Les routes autour sont parfois noyées quand l’orage insiste. Prévoir :
- un scooter garé en hauteur, jamais sur les bords bas de la plage ;
- une veste qui sèche vite ;
- un peu de monnaie pour les stands qui refusent la carte, ce qui reste courant.
On y retourne souvent parce que le lieu vieillit bien. Les commerçants se renouvellent lentement, et certains tiennent la même devanture depuis des années. C’est l’une des rares artères de Koh Samui où l’on peut lire une continuité malgré les saisons qui passent.