On appelle massage thaï une pratique ancienne, codifiée en grande partie à l’école du Wat Pho, à Bangkok. C’est un soin qui tient à la fois de la gymnastique douce et du massage profond. On y travaille les lignes d’énergie, appelées sen, par des pressions lentes avec les mains, les coudes, les genoux et parfois les pieds.
Pour la première séance, mieux vaut savoir ce qui va se passer.
La préparation : une tenue simple, rien d’intime
Le massage thaï se pratique habillé. La plupart des centres sérieux fournissent un pyjama en coton ample et léger. On garde ses sous-vêtements. On retire ses chaussures, ses chaussettes et ses bijoux. La séance se déroule au sol, sur un matelas ferme, ou parfois sur une natte épaisse. Ce n’est pas un détail : les pressions sont plus efficaces sur un support rigide.
Avant de commencer, la masseuse pose deux ou trois questions simples. Problèmes de dos, hernies, grossesse, interventions récentes. Elle peut adapter le protocole en conséquence. C’est le bon moment pour préciser les zones que l’on préfère ne pas toucher, ou celles que l’on souhaite voir travaillées plus longuement.
Ce qui se passe, en gros
Une séance standard dure une heure ou une heure trente. Les trente premières minutes travaillent les jambes, en partant des pieds et en remontant par séries de pressions. Ce n’est pas douloureux, mais cela surprend : la masseuse s’appuie parfois avec une partie de son poids, au niveau du genou ou du pli de la hanche.
La suite s’étale sur le dos, les épaules et la nuque, puis les bras et les mains. Les mouvements se font toujours lentement, souvent accompagnés de petits bercements. Le rythme est important : il s’agit d’ouvrir les articulations, pas de les forcer.
Une séance complète, de quatre-vingt-dix minutes, inclut aussi quelques étirements assistés. On s’appuie dos à dos avec la masseuse, qui glisse ses bras sous les siens, et elle rebondit doucement pour ouvrir la cage thoracique. Sans précipitation.
Sensations, pendant et après
Pendant la séance, on ressent souvent une chaleur qui monte par vagues. C’est le signe que la circulation s’accélère. Quand une pression insiste un peu trop, on le dit. Le mot thaï jep, qui signifie « ça fait mal », est compris dans tous les centres. Un ow ow un peu appuyé fait pareil.
Juste après, on sent souvent les jambes lourdes et la nuque déliée. Dans les heures qui suivent, un passage de fatigue est fréquent. Le lendemain, certaines zones peuvent rester un peu sensibles, comme après une séance de sport mesurée.
Boire beaucoup d’eau aide. Prévoir un repas simple et une nuit correcte, aussi.
Où prendre sa première séance à Samui
Trois enseignes tenues par des masseuses formées à Wat Pho se démarquent : deux à Chaweng, une à Bophut. Elles affichent leur certification à l’entrée. On peut aussi se rendre à la section massage du Wat Khunaram, au sud-ouest de l’île, qui propose des soins à tarif modéré et reverse une partie des bénéfices au temple.
À éviter pour un premier essai : les cabines improvisées au bord des plages, où les praticiens n’ont pas toujours reçu de formation suffisante. Les soins y sont souvent agréables, mais la qualité reste très variable.
Le massage thaï ne fait pas de miracle pour une tension installée depuis longtemps. Il apaise, il relâche, il ouvre. Pour un bénéfice durable, il demande à être répété. Les habitués de l’île y vont une fois par semaine, pendant l’hiver européen, et considèrent ce rythme comme un entretien plutôt qu’un luxe.