Na Muang 1 et Na Muang 2 sont les deux cascades les plus connues de Koh Samui. La première est accessible presque de plain-pied depuis le parking, ce qui explique son succès auprès des groupes. La seconde se mérite davantage : il faut grimper un sentier raide, caillouteux, souvent humide, qui s’élève dans une jungle dense.
On peut visiter l’une sans l’autre. Mais les relier à pied, par l’ancien sentier forestier, reste l’option la plus intéressante, à condition d’être un peu préparé.
Le sentier qui relie les deux, en pratique
La liaison directe entre Na Muang 1 et Na Muang 2 fait environ deux kilomètres, avec un dénivelé cumulé de cent cinquante mètres. Le tracé suit approximativement le lit du cours d’eau, avec quelques traversées à gué. En saison sèche, c’est une promenade de famille exigeante. En saison humide, la prudence s’impose : les rochers deviennent savonneux.
Quelques points à retenir :
- démarrer tôt, entre sept et huit heures, pour éviter la chaleur et les groupes ;
- prévoir des chaussures qui accrochent, les tongs ne suffisent pas ;
- emporter un litre et demi d’eau par personne, pas davantage, on peut remplir en aval ;
- garder son téléphone dans un sac étanche, la vapeur d’eau s’y infiltre vite.
Le sentier n’est pas toujours balisé. Au bout d’une demi-heure, un rocher plat marque un embranchement. On oblique à droite, en montant, pour rejoindre la partie haute.
Ce qu’on y voit
Na Muang 1 a l’air d’un rideau large et régulier. La cascade tombe sur un bassin profond que les enfants adorent. En contrebas, un pont de bois franchit la rivière, et mène à un banc de sable où la baignade est simple.
La remontée vers Na Muang 2 révèle peu à peu la forêt. Les arbres, plus hauts qu’on ne s’y attendrait, laissent passer des taches de soleil. Les insectes bruissent dans les fougères. On croise parfois des crabes d’eau douce, discrets, qui se réfugient sous les pierres plates.
Na Muang 2 est plus étroite et plus haute. La chute se fait en plusieurs paliers, avec un jet principal qui crée une fine brume à la base. L’eau y est fraîche, même à midi. Derrière la chute, une roche creusée permet de s’asseoir sans se faire arroser.
Précautions de rigueur
La région a connu plusieurs incidents ces dernières années, principalement liés à des glissades sur la piste humide. Les panneaux du parc incitent à l’éviter en cas de pluie forte. Un conseil simple : si l’on entend un grondement qui n’est pas celui de la cascade, sortir du lit du cours d’eau et remonter les berges. Les crues éclair restent rares, mais bien réelles.
La faune se rencontre peu, mais les singes à queue de cochon traînent parfois près du parking. Ne pas leur donner de nourriture, même en plaisantant : ils deviennent agressifs très vite, et mordent sans prévenir.
Quand y aller
La meilleure saison est la fin des pluies, entre novembre et février. Le débit est encore bon, les sentiers ont eu le temps de sécher, et la jungle a gardé ses tons verts saturés. En pleine saison sèche, les cascades perdent de leur puissance, et la montée reste belle mais moins spectaculaire.
Na Muang n’est pas une sortie d’après-midi de fin de séjour. C’est une vraie demi-journée, qu’il faut intégrer dans son planning avec le respect qu’on doit à un lieu de forêt. On en revient lentement, ralenti par la chaleur, avec la satisfaction d’avoir vu Samui par son intérieur, loin des plages.